Le Club des Démocrates

Un lieu de libres débats sur la citoyenneté, la vie politique française et les partis

La démocratie malade de la politique

Posted by picharotte sur 11 mars 2008

La démocratie en France, est gravement malade. Cette dégradation de la démocratie qui ne date pas d’hier, va même en s’accentuant.

Ce diagnostique est partagé par beaucoup de citoyens dans notre pays. Mais il est important de caractériser finement les entorses à la démocratie car c’est le plus souvent une impression diffuse, floue. Or, là où le diagnostic est clairement fait, il est plus facile ensuite de lutter et de proposer des solutions.

Les institutions

Ces manquements s’expriment d’abord dans nos institutions qui sont largement responsables de l’affaiblissement de la démocratie. L’évolution vers le présidentialisme de la constitution de 1958, le refus par les partis au pouvoir quels qu’ils soient, de rééquilibrer la représentation nationale par des scrutins à la proportionnelle, n’ont fait que l’aggraver.

La loi votée sous le gouvernement Jospin qui a calé les élections législatives juste après les élections présidentielles a abouti à une banalisation de ces élections et donc à une perte de leurs intérêt.

Le sénat qui n’a jamais connu l’alternance et qui mouline du vent à longueur d’années au frais des contribuables est par essence, une chambre particulièrement antidémocratique. L’élection des sénateurs se fait par de “grands électeurs”, mandat interminable (9 ans ramenés à 6, certes, mais quand même).

Par ailleurs, les élections désignent des élus pour 5 ou 6 ans sans contrepartie. Les électeurs délèguent totalement leur pouvoir à un élu, mais celui ci n’a aucune obligation à rendre des comptes ni même à respecter ses engagements : est ce vraiment de la démocratie ?

Les télévisions privées

Passée et placée sous la coupe des grands capitaines d’industrie (ou de leurs rejetons), les télévisions privées en France déversent un flot d’informations tendancieuses comme on l’a vu aux présidentielles de 2002 avec l’insécurité.

Fait plus grave encore, elles jouent un rôle éminent comme “ machine à décérébrer” (Leiris) des citoyens en diffusant fort habilement des programmes ineptes et toujours orientés vers le bas, vers la facilité et la vulgarité.

La télévision publique

Elle s’est lancé dans une course à l’audimat perdue d’avance avec les télés privées. Sans ressources depuis la petite phrase de Sarkozy, sans projet généreux, soumise au diktats des politiques, elle n’en finit pas de se chercher et de s’enfoncer.

La presse d’information

A l’exception notable du journal le Monde qui a réussi, jusqu’à ce jour, à préserver son indépendance financière, tous les autres journaux sont la propriété d’industriels peu soucieux d’une ligne éditorial indépendante. Les écarts déontologiques se multiplient depuis quelques années (Paris Match, l’Express, le Figaro etc…)

L’école publique

Elle est en crise profonde et durable. Les raisons sont multiples :

1 Elle n’a pas su accompagner les profondes mutations de la société française. Les enseignements sont figés depuis 50 ans. L’informatique, le droit, la psychologie, la sociologie, l’économie n’ont pas droits de cité. Les langues sont toujours aussi mal enseignées. Les math sont toujours considérées comme un moyen de sélection avant d’être une matière scientifique. Jamais personne n’a pensé à organiser une vraie et authentique réflexion des enseignants sur ces sujets. Seuls, “les experts” sont consultés et leurs conclusions rarement prises en compte. Les ministres de gauche comme de droite se comportent tous comme des autocrates, persuadés de penser mieux que les autres, et d’avoir toujours raison. D’où les échecs qui se suivent les uns après les autres.

2 Les enseignants sont constamment vilipendés, dévalorisés alors même que leur profession est toujours plus complexe et plus difficile. Le dernier avatar , la notation des profs par les élèves, est une aberration démagogique en contradiction formelle avec la revalorisation de l’autorité des maîtres prônée par les mêmes personnes. Devenus le symbole des fainéants, des “toujours malades” les enseignants, ne sont plus motivés et baissent les bras devant les problèmes d’éducation.

Leurs revenus sont en baisse constante depuis 20 ans, leurs conditions de travail s’aggravent. Leur motivation est en chute libre. Rien d’étonnant à ce que le recrutement soit lui aussi en panne.

Or il s’agit de nos enfants : futurs citoyens ou futurs esclaves ?

La recherche

Ce secteur qui fut un fleuron de la société française est en proie à des attaques tellement dures, que l’exode est devenu la norme. Un chercheur aujourd’hui est un travailleur mal payé, non pas seulement en considération de la longueur de ses études, mais mal payé tout court. C’est un travailleur qui va de CDD en CDD, soumis à une loi du marché aveugle et bête.

La recherche est aujourd’hui sous les ordres d’imbéciles qui profèrent avec pédanterie des conneries du genre : “des chercheurs qui cherchent on en trouve mais des chercheurs qui trouvent on en cherche ! Sinistre plaisanterie dont on rebat les oreilles du bon peuple histoire de dresser là encore une catégorie sociale contre les autres ;

La justice

Elle est dans un état de délabrement avancé. Son budget est misérabiliste, et l’arrivée de Dati ne fait qu’aggraver les choses. Bafouée par de nombreux politiciens (Chirac, Juppé, Balkany, Mellick, Tiberi, Pasqua) soumise à un mandarinat éculé, elle vivote, abandonne ses missions républicaines l’une après l’autre, s’oriente de fait vers une justice à 2 vitesses, celle qui exempt les grands de ce monde du poids de leurs turpitudes et celle qui sanctionne toujours plus rudement les petits..

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