Le Club des Démocrates

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Archive for juin 2008

Quelques réflexions sur la motion du général (Boulanger) Bayrou

Posted by picharotte sur 28 juin 2008

Coup d’état au Modem

C’est un coup d’état que prépare François Bayrou dans le Modem !

Face aux attaques de la tendance Arthuis et consorts qui veut s’allier au Nouveau Centre, François Bayrou exige une discipline quasi militaire. Non content d’avoir été élu avec 98,5% des voix lors du congrès de Villepinte, il veut avoir à nouveau et définitivement le leadership du Modem face aux éventuels concurrents.

C’est évidemment dans ce cadre qu’il faut comprendre son refus de la motion Juillard qui, en laissant pointer une tête plus haute que les autres pouvait à terme lui faire de l’ombre et devenir dangereuse. Il sera désormais entouré de paillassons, de béni oui-oui, de zélés serviteurs qui ne mettront pas en cause sa légitimité de « dictateur » du Modem.

Il n’y a guère qu’au Front National qu’on a pu voir une semblable conduite du grand chef. Mais le FN ne se revendique pas « démocrate »

Tout ça pour mettre en oeuvre quelle politique ?

Bayrou prône « l’indépendance » de son organisation Ce n’est bien sûr qu’un mot. Indépendant de qui, de quoi ?

De l’UMP ? Alors pourquoi pour les municipales, dans son département, les Pyrénées Atlantiques, avoir partout organisé l’alliance au premier ou au deuxième tour avec l’UMP ? Pourquoi avoir monté à Bordeaux une liste commune avec Juppé, ancien premier ministre RPR ? Pourquoi, à Périgueux, avoir soutenu Darcos membre du gouvernement Sarkozy sans autre légitimation que « quand c’est bien, il faut être pour et quand c’est pas bien, il faut être contre ! »

Du PS ? Personne ne peut croire, un seul instant, que le Modem est inféodé au PS !

« L’indépendance du Modem » est une idée creuse et vaine qui enfonce une porte ouverte : Le Modem est évidemment indépendant parce sa taille lilliputienne et sa ligne politique approximative ne lui permettent pas de jouer un quelconque rôle dans la vie politique française aujourd’hui ni probablement demain.

Bayrou s’en prend au « bipartisme » qui est, d’après lui, « un appauvrissement de l’esprit … une incompréhension de la complexité des temps… un verrouillage ».

Comme le fait justement remarquer une ancienne du Modem, sur son blog, : « Il existe une multitude de partis politiques en France. Pour s’en rendre compte :

http://www.vie-publique.fr/sites_references/partis-politiques.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Partis_et_mouvements_politiques_fran%C3%A7ais

Donc lutter pour le pluralisme n’est pas nécessaire !

Ce n’est donc pas un combat pour le pluralisme (il existe de facto ce pluralisme) qu’il faut mener mais pour la représentativité de TOUS les partis politiques, »

Encore une fois, Bayrou se trompe de combat. Il gesticule, il fonce, il agite un hochet, mais personne n’a vraiment peur !

Le sommet de l’hypocrisie est atteint dans les premières lignes de la page 2 de cette contribution :

« Il revient donc à un courant nouveau de se mettre à la tâche pour que la France pense et porte un autre modèle, le modèle humaniste pour le XXI° siècle. Tel est notre choix de fond ».

  1. On sait maintenant que ce « courant nouveau » n’est que l’expression camouflée de la vieille, très vieille démocratie chrétienne. On lira avec profit l’implacable analyse de Charles Tocanier dans son blog sur ce masque qu’est le Modem pour cette famille de pensée au demeurant parfaitement légitime.

  2. La tarte à la crème de « l’humanisme », terme si flou, si imprécis, si éculé qu’il ne veut plus rien dire et dont Bayrou se garde bien de préciser le sens qu’il entend lui donner.

Si l »on en croit le dictionnaire Le Robert, l’humanisme « est une doctrine qui prend pour fin la personne humaine et son épanouissement ».

Le terme est apparu en 1765, on voit la nouveauté de la chose !

Je pense que l’UMP et le PS comme le PC, les Verts, le nouveau Centre, le parti radical de gauche et le Valoisien, etc… tous se disent humanistes et proclament oeuvrer pour l’épanouissement de l’homme.

L’important n’est donc pas de proclamer ce qu’on est mais comment on va faire pour atteindre son but

Bayrou qui maitrise l’art de la dissertation nous donne la clef :

Quels sont les piliers du modèle humaniste pour le XXI° siècle se demande-t-il?
Il en voit 5 :

  1. Il faut que la société soit créative.
  2. Il faut un modèle social juste.
  3. Il faut que la société soit durable.
  4. Il faut l’équilibre des puissancesI
  5. Il faut une adhésion démocratique

    Comme le dit le bon sens populaire, Il faut d’abord appliquer à soi-même ce que nous prônons pour les autres.

    Le Modem devrait donc être la parfaite illustration de la volonté et de la capacité de Bayrou à mettre en place ces 5 piliers dans notre société :

    « société créative » Créatif, le Modem aurait pu l’être si l’appareil n’avait tondu tous les crânes et exigé une servilité bien peu créative. Il n’est que de voir comment les contributions d’adhérents parfois très originales ont été jetées à la poubelle lors des journées de Seignosse ou du congrès de Villepinte pour constater la filouterie de cette affirmation.Pour développer la créativité dans une société, il faut évidemment l’encourager dans sa propre formation politique et la preuve du contraire a été donnée.

    « L’équilibre des puissances » est resté dans la brume. Devant l’affux de nouveaux adhérents, le vieil appareil UDF a tout verrouillé et empéché toute évolution.Et Bayrou a été le premier à vérrouiller dans son département.

    « Société durable », c’est du pur verbiage. La gestion du département des Pyrénées Atlantiques sous la présidence de Bayrou a été un contre-exemple de médiocrité écologique.

    « Modèle social juste, adhésion démocratique » On veut bien le croire sur parole mais nous n’avons que ça à nous mettre sous la dent

Dénoncer sempiternellement Sarkozy comme le responsable de tous les maux de notre société relève de la pirouette politique. Or ce n’est pas d’un pitre dont le pays a besoin.

Cette « motion » serait seulement pitoyable si la situation de notre pays n’était aussi grave.

Dans la situation actuelle, elle est choquante

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Bouche bée et bouche cousue sont dans un bateau…

Posted by picharotte sur 25 juin 2008

Hélas, c’est la tempête.
La mer est démontée. De grosses vagues se profilent à l’horizon qui pourraient bien devenir énormes.
Le bateau lui-même n’est pas en très bon état. Il a certes subi un lifting, la coque a été repeinte, on a vaguement nettoyé la salle des machines, mais l’entretien n’a pas été effectué dans les temps et du coup, les problèmes s’additionnent.
Si le temps était clément, ce ne serait pas si grave.
Mais c’est la tempête, un grain, qui pourrait se transformer en tornade.

Alors la situation est carrément dangereuse.

L’avenir du bateau est en question, donc celui de l’équipage.Le capitaine a accumulé les erreurs. Au port, il avait harangué les foules avec tellement de talent qu’il avait réussi à réunir un équipage nouveau, enthousiaste, plein d’énergie et d’idées,
Mais depuis le départ, le capitaine est revenu à ses vieux démons. Il a continué à naviguer comme avant l’invention de la boussole. Les anciens officiers s’en arrangent car ils pratiquent l’art de la flatterie.Ca plait bien aux vieux marins encroutés dans leurs habitudes.

Les autres marins, les nouveaux s’interrogent.

Il y a les « bouche bée ». Ils sont persuadés que la grande expérience du pacha, sa longue pratique de la navigation lui permettra d’éviter les écueils, lui fera tenir le cap, et sortir le bateau de cette passe dangereuse. Pourtant les faits contradictoires s’accumulent : Les engagements non tenus, les reniements, les fausses promesses, les retournements de veste.
Envers et contre tout, leur confiance reste inébranlable, car pour eux, le plus important, ce n’est pas le bateau mais le capitaine. Un bateau ça se change, pensent -ils. Un bateau c’est rien que de la ferraille, un moteur et une hélice. Tandis que le capitaine, il parle si bien! Il nous fait rêver!Avec lui, on oublie tous les emmerdements. Il nous rassure. Avec lui, on minimise les difficultés de la vie, les injustices, les trahisons parce qu’on sait qu’un jour ça changera!

Et il y a les « bouches cousues », ceux qui doutent. Ceux qui ne savent pas ou plus. Ceux qui préfèrent garder leurs interrogations pour eux sans rien dire à personne, parce qu’ils craignent leur propre réponse. Ceux qui se taisent parce qu’ils en ont trop à dire. Ceux qui ne supportent plus qu’on les prennent pour des imbéciles. Ceux qui ont déjà perdu l’envie de parler. Ceux qui sont déjà ailleurs,

OH! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis!
Combien ont disparu, dure et triste fortune!
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis!

V.H.

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Adieu Modem, je t’aimais bien…

Posted by picharotte sur 16 juin 2008

Mai 2007, élections présidentielles.

François Bayrou approche les 20% d’intention de votes dans les sondages. Il parle de laïcité, d’humanisme, de démocratie. Il attire l’attention des électeurs sur le traitement inique des média à son égard. Il impose dans le débat, l’idée du redressement nécessaire et urgent des comptes de la nation.

Il est calme, serein, convaincant.

Il ne passe pas le second tour mais transforme son essai en lançant le Mouvement démocrate, “le parti du XXI° siècle” qui veut faire “de la politique autrement”, « rompre définitivement avec le bipartisme » et « dépasser les clivages gauche-droite ».

C’est donc dans l’allégresse, que se tient en septembre, à Seignosse, le Forum des démocrates, réunissant les nouveaux et (quelques) anciens adhérents dans une volonté commune d’inventer de nouvelles pratiques politiques, d’impulser de nouveaux débats, de proposer des solutions originales à des problèmes anciens et toujours pas réglés.

J’en suis.

Il y a bien quelques petites choses qui me gênent. Un président omniprésent qui parle beaucoup, à la tribune et aux média, qui rabroue les opposants, propose ses propres textes et les impose aux adhérents. Mais l’important n’est pas là. Il est dans cet élan novateur de milliers de nouveaux adhérents qui ont, à l’évidence, une haute idée de la politique et de la démocratie. Il est dans le débat impulsé sur Internet par les internautes Modem, qui échangent jusqu’à pas d’heure, se découvrent et s’enrichissent mutuellement.

La rentrée devrait être le moment de l’organisation du Modem. Mais on ne voit rien venir. Pendant un an, ce sera silence radio. Pas un mail, pas un coup de téléphone. Rien !

Les décisions sont prises dans des instances que je ne connais pas, par des dirigeants que je n’ai jamais vus, encore moins élus. Nous sommes des milliers à avoir payé notre cotisation et à n’avoir reçu pour toute nouvelle, qu’un sms du président nous assurant de son « affection » pour la nouvelle année.

Je ne vais pas au Congrès fondateur de Villepinte. Trop loin, trop bâclé, trop ambigu. J’apprends par les internautes que François Bayrou a été élu par 98,5 % des votants présents. Je n’en suis pas surpris, le contraire aurait été étonnant. C’est un score qui frise la république bananière et qui accentue mes doutes.

« Si nous pensons tous la même chose » avait déclaré François Bayrou à un congrès de l’UMP avant de prendre ses distances, “c’est que nous ne pensons plus rien”. 98,5 %, visiblement, ils ne sont pas nombreux ceux qui pensent différemment !

Pour ce congrès, pas de votes par correspondance, pas de votes par internet. Le Modem, parti du XXI° siècle n’a pas encore inventé les nouvelles technologies. Peut-être ne le souhaite-t-il pas ?

Les premières élections internes, les élections au Conseil National sonnent le glas des illusions. Le vieil appareil UDF, rodé aux manoeuvres politicardes, l’emporte partout haut la main, marginalisant encore un peu plus les nouveaux adhérents. Les très nombreux disfonctionnements sont répercutés au siège qui ne donne quasiment jamais de suite.

Et puis arrivent les élections municipales. La désignation des candidats est censée être organisée par un comité adhoc (très proche du bureau exécutif). Ca ne fonctionne pas. La machine s’enraye très vite et le président prend le relai. Sur quels critères se montent les alliances ?

Personne ne le sait.

En Aquitaine, le Modem, contre l’avis des militants locaux, soutient les “amis“ du président : Juppé, à Bordeaux, Darcos à Périgueux, Grenet à Bayonne, tous UMP bon teint.

A Bordeaux, des militants qui n’ont pas voulu se rallier à l’UMP sont exclus. Portée devant un tribunal, l’affaire voit le Modem condamné à les réintégrer !

Le mode de désignation des candidatures, totalement arbitraire, provoque sur e-soutien.bayrou.fr, les interrogations, les critiques, les protestations, les dénonciations des militants, traduisant un malaise profond. Mais le rouleau compresseur passe. Le siège avance toujours les mêmes excuses : priorités aux élections, pas de critiques pendant la période électorale.

C’est à cette époque qu’apparaît un nouveau “groupe”. Celui des nouveaux adhérents qui « entrevoient leur avenir dans le Modem » et qui acceptent donc d’avaler les couleuvres. Ils ne sont pas nombreux mais ils squattent le site e-soutien, multipliant les commentaires vengeurs contre les “perturbateurs » qui ne peuvent être qu’à la solde du “nouveau centre ou du PS”

Ces élections municipales sont un moment privilégié pour comprendre les fondements historiques du Modem.

L’anecdote d’Aubagne est à cet égard tout à fait révélatrice. On sait que la famille politique dont vient Bayrou est la démocratie chrétienne. Ainsi le siège du Modem, rue de l’université, loué à l’UDF, appartient en fait à une SCI dont « l’actionnaire » principal est “L’ Amicale des Anciens du M.R.P”.

Cela est soigneusement caché : pourquoi ? Dieu, seul, le sait. A Aubagne, le candidat Modem désigné par les militants locaux, envisage une alliance avec le maire sortant Daniel Fontaine, communiste réformateur dont le bilan, de l’avis de beaucoup, est tout à fait correct,.(Il a d’ailleurs été réélu).

François Bayrou dit “non”. Il ne donne pas de raisons, il n’ argumente pas, il dit simplement « Non ». Parce que ça ne se fait pas, ce n’est pas convenable. Qu’y voir, si ce n’est de l’anticommunisme primaire ? Tout droit sorti de la vieille et éculée tradition démocrate chrétienne ?

On connait les résultats catastrophiques pour le Modem, de ces élections municipales. Non pour les résultats, mais au niveau du Modem lui même : Le copinage l’a emporté sur l’éthique. La magouille a vaincu la sincérité. La compromission a balayé la probité.

Opposé au cumul des mandats lors des présidentielles, Bayrou se présente à la mairie de Pau, (il est déjà député) où comme son ennemi Sarkozy, il pratique l’ouverture aux militants transfuges du PS et de l’UMP.

A Billère, près de Pau, pour s’assurer la présidence de la communauté d’agglo, Bayrou soutient le candidat UMP jean Arriau contre le candidat du Modem local Alain Chauteau.

Dernier volet de cette affligeante descente aux enfers, alors que quelques centaines de militants tentaient de proposer une alternative au ridicule Règlement Intérieur proposé par le président, on a vu apparaître dans sa bouche, l’arrogance, le mépris, et la méchanceté.à l’égard de ceux qui avaient osé lui faire de l’ombre.

C’est la goutte de fiel qui fait déborder le vase. Alors tant pis !

Je laisse François Bayrou bégayer la sempiternelle histoire du centre, du MRP, du CDS, de FD, de l’UDF et maintenant du Modem… Je le laisse pérorer devant les ombres qui peuplent le Modem d’aujourd’hui.

Le temps viendra, plus vite peut-être que certains ne pensent, où les espoirs refleuriront en une véritable démocratie.

Et comme dit le poête :

Je veux qu’on rie

Je veux qu’on danse

Je veux qu’on s’amuse comme des fous

Je veux qu’on rie

Je veux qu’on danse

Quand c’est qu’on l’mettra (le Modem) dans le trou !

Alain Picharotte

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