Le Club des Démocrates

Un lieu de libres débats sur la citoyenneté, la vie politique française et les partis

François Hollande ou le syndrome du boutiquier

Posted by picharotte sur 13 septembre 2008

Autour de nous, parmi les politiques, on ne voit, partout, que des gestionnaires.

C’est l’un des défauts majeurs du cumul des mandats de transformer les politiques en gestionnaires. Un « bon maire », est un gestionnaire avisé qui travaille pour sa collectivité et appréhende les difficultés dans ce qu’elles ont de concret .

Malheureusement, la société française ne se “gère” pas comme une commune ou un canton. Un « bon » député, n’est pas un bon gestionnaire de l’état.

C’est pourtant, force est de le constater, l’idée qui domine chez nos politiques de quelque bord qu’ils soient.

Et cela explique, en partie du moins, la pauvreté de l’invention de nos élus. Il ne s’agit plus de s’attaquer aux grands problèmes, aux vraies injustices, aux intolérables scandales de notre société. Il s’agit de bien gérer, en bon père de famille. Un peu d’égalité, un peu de citoyenneté…

Il y a dans ce souci de « gestion » un quelque chose de boutiquier, de veule, de petit, de mesquin qui est insupportable.

L’archétype de ces boutiquiers de la politique qui manquent cruellement de souffle et qui ont même théorisé la chose en relativisant tout et en montrant une bonhommie à tous égards est l’ineffable François Hollande, l’homme qui a plongé le PS dans une léthargie dont il n’est pas encore sorti, l’homme des compromis internes qui a littéralement asséché les forces novatrices au sein du PS. Sa contribution pour le congrès du PS est tout à fait en ligne avec cette pusillanimité.

En 10 grands chapitres, François Hollande nous livrent dans sa “contribution” ses clefs pour; dit-il, «donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France»

On voit immédiatement les limites des ambitions de François Hollande.

Donner de l’espoir à la France” (donc aux français??) c’est surement bien mais tout à fait insuffisant.

Donner une cohérence à la gauche”, c’est du charabia de politicien professionnel qui s’adresse avec ses tics de langage à ses confrères. Les militants lambda, les sympathisants, les citoyens ordinaires ne sont pas concernés.

Rappelons ces 10 chapitres, dans l’ordre où François Hollande les examine :

  1. Comment être plus fort dans la mondialisation ?

  2. Comment être plus juste dans la répartition ?

  3. Comment mener solidairement la transition énergétique

  4. Comment combattre la montée de toutes les violences

  5. Comment préparer sereinement l’allongement de la vie ?

  6. Comment maîtriser humainement l’immigration

  7. Comment régler démocratiquement la présidentialisation de nos institutions ?

  8. Comment relancer le projet européen ?

  9. Comment rendre cohérente la parole socialiste ?

  10. Comment rassembler la gauche et élargir pour gagner ?

Sans vouloir tirer sur l’ambulance, la pensée politique est affligeante de pauvreté.

Quelle vision de notre pays doit avoir M. Hollande pour proposer, sans complexes, un texte aussi désastreux?

Les questions de la société aujourd’hui sont-elles d’être plus fort dans la mondialisation ou plus juste dans la répartition??

    On sait que, selon l’INSEE, la France métropolitaine comptait, en 2006 près de 7,9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (confère cet article)

    Dès lors la vraie question est-elle celle d’une plus juste répartition ou bien celle du comment faire cesser ce scandale?

    Etre plus fort dans la mondialisation” propose François Hollande. Avant même d’examiner la réponse, rappelons les faits suivants :

    Notre beau pays, La France, compte 60 millions d’habitants et a une superficie de

    550 000 km2.
    Dans la mondialisation, nous devons affronter nos anciens concurrents traditionnels, les USA, le Japon, l’Allemagne, la Grande Bretagne.

    Mais, aujourd’hui, nous avons aussi de nouveaux concurrents :

  • La chine (1, 4 milliards d’habitants, soit 233 fois la population de la France) superficie de 9 596 960 km2. La Chine est devenue en 2007 la 3ième puissance économique mondiale derrière les USA et le Japon. Elle représente 6,04 % du PIB mondial.

  • L’Inde (1,1 milliard d’habitants, superficie de 3 287 590 km2) L’Inde est la 7 ième puissance économique mondiale en 2007

  • Le Brésil ( 184 millions habitants, superficie 8,5 millions km2). Le Brésil est la dixième économie mondiale avec un PIB de 1 313 milliards de dollars en 2007

    Nous sommes des nains économiques en comparaison de ces mastodontes qui, de plus, connaissent des taux de croissance de 8 ou 10 % par an.Cela signifie que l’émergence de ces pays changent radicalement la donne. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Un saut qualitatif a été effectué. De même que l’époque des colonies est définitivement finie, l’époque de la domination du capitalisme industriel occidental sur le monde est terminée.

  • Si nous continuons à mouliner de la même façon, nous sommes condamnés à disparaitre de la scène économique. C’est une évidence !

    La volonté du patronat qui veut casser les acquis sociaux, baisser les salaires, augmenter le nombre d’ heures de travail est une ineptie vouée à l’échec. On ne réintroduira pas l’esclavage dans la législation de notre pays.

    Mais alors, que faire ? INVENTER ! Sortir des sentiers battus ! Casser les dogmes ! Remettre en cause les shémas traditionnels obsolètes !

  • Il faut s’attaquer aux modes de production, remettre en cause les rapports de production entre le patronat et le salariat, revoir les mécanismes de distribution…

    Cette nécessaire invention, doit régner dans tous les domaines,.

    Un autre exemple :

    Il est clair que notre démocratie est à bout de souffle, que nos concitoyens rejettent les professionnels de la politique, raillent nos organes de représentation.

    Que propose Hollande?

    nous proposons, le renforcement du Parlement, l’introduction de modes de scrutins démocratiques (part de proportionnelle à l’Assemblée, représentation juste des collectivités locales au Sénat) et l’équilibre des pouvoirs (législatif et Exécutif), avec un Premier ministre qui, responsable devant l’Assemblée Nationale, établit le lien entre la majorité parlementaire et le Président de la République”.

    Dérisoire ! Aucune ambition ! Préoccupations de boutiquier !

    L’actuelle constitution date de 1958 ! Elle s’est au fil des ans caricaturée elle-même! La monarchisation de notre république n’est pas un avatar de Sarko. Cette évolution était déjà sensible sous Mitterand (cf les écoutes téléphoniques, les polices secrètes, les voyages officiels avec maitresse et enfant etc…). Elle est dans la logique des choses. Il n’y a pas 2 façons de répondre à ces déviances. Il faut changer de république !

    Là encore il faut ouvrir les fenêtres et faire entrer l’air. Le sénat est inutile il faut le supprimer! Proposer un mode de scrutin qui représente réellement les électeurs. Elire des députés qui doivent tenir leurs engagements et puissent être remis en cause par les citoyens à tout moment de leur mandat.

    Autre exemple : l’Europe. Chacun le sent bien, l’Europe est notre seule issue pour ne pas être broyé par la mondialisation. Il ne s’agit plus d’un rêve plus ou moins sympathique, mais d’une absolue nécessité.

    Que propose notre ami François ?

Faire de la zone euro le noyau dur du projet européen pour définir des objectifs ambitieux en termes de politique économique et de croissance” etdéfendre un modèle social qui consiste en une harmonisation par le haut les législations sociales. par l’adoption d’une clause de sauvegarde pour éviter toute remise en cause du droit social par une directive européenne ».

Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ! Il suffit de “définir des objectifs ambitieux” et “d’adopter une clause de sauvegarde” et tous les problèmes seront réglés.

Nous sommes sauvés.

Non ! Cent fois non !

Le temps n’est plus aux gestionnaires !

L’heure est trop grave ! Pas en raison de la gouvernance de Sarko qui reste un épiphénomène très désagréable mais  notre pays et l’Europe s’en relèveront.

Mais la crise économique et financière, la crise climatique, la pénurie d’énergie qui se profile, sont des défis qu’un gestionnaire, même bon, même excellent, ne pourra et ne saura jamais relever.

Le temps n’est plus aux gestionnaires !

Le temps est aux politiques !

Le temps est aux citoyens !


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :